I A M ou Imperial asiatic meN

I A M  ou Imperial asiatic meN
incontournable du paysage musical français. Chaque sortie d'album est un Le groupe de rap marseillais IAM est devenu en quelques années une valeur évènement. Ses membres, dont Akhenaton, poursuivent en parallèle des projets personnels maintenant ainsi un équilibre bénéfique avec leur entrepise collective.

Pour ces rappeurs originaires des banlieues marseillaises, l'histoire commence vers 1984-85 avec le groupe Lively Crew où l'on trouve Philippe Fragione, qui devra attendre fin 86 son premier voyage à New York pour s'affubler de son premier surnom Chill et Eric qui deviendra Kheops dans la formation d'IAM. En 1988, quand arrive Geoffroy Mussard dit Shurik'n, ils deviennent le B Boys Stance. Pascal qui est bassiste et batteur avant de sampler (échantilloner), fréquente la bande. Il faut attendre l'année suivante pour voir arriver les dernières recrues de ce qui deviendra le groupe IAM : Pascal donc, qui devient Imhotep, "l'Architecte sonore" et les deux danseurs Malek Sultan et Divin Kephren. Outre les nouveaux arrivants, le groupe se construit autour de références égyptiennes et extrême-orientales, traces de lectures croisées des albums de bandes dessinées d'Alix et des ouvrages de Cheikh Anta Diop, l'historien anthropologue linguiste sénégalais.
Le rap du sud remonte à Paris

En 1989, ils enregistrent sur un magnétophone "quatre pistes", la cassette "Concept". Malgré un tirage limité, l'écho est plus que satisfaisant : le rap du sud prend forme et remonte jusqu'à Paris. En juin 90, ils signent avec "Labelle noir", le label qui sert de "tête chercheuse" à la maison de disques Virgin.
En 1991, sort leur premier album "De la planète Mars". Ils en vendent environ 100.000 exemplaires. Trois simples en seront extraits "Red black & green", "Tam Tam de l'Afrique" et "Planète Mars". Cet album s'impose comme une des plus grandes réussites de la scène rap française encore très jeune à cette époque. Les origines du groupe confèrent à leur rap une spécificité qui en cassant le cliché marseillais "Fernandel-pétanque-pastis", donnent d'autant plus de force et d'intérêt à cet album engendré loin de Paris.
Le 3 juillet 90, ils ouvrent le concert de Madonna à Bercy, la plus grande salle parisienne. Depuis, ils ont fait les premières parties de Public Enemy, Rita Mitsouko, James Brown ou Touré Kunda.
On danse le Mia

Deux ans et demi après leur premier album, ils reviennent avec un disque d'une quarantaine de titres "Ombre est lumière". Cet album navigue entre actualité et mythologie, entre textes engagés et parodies comme "Le Mia". Enorme succès en France, ce titre se moque sur un rythme funk et avec humour, des frimeurs du samedi soir. Leur succès et leur notoriété au niveau national en font un des groupes phares de la génération montante. En février 1995, ils sont élus groupe de l'année par les Victoires de la Musique. La même année, ils participent au projet lancé par le cinéaste français Mathieu Kassovitz à l'occasion de la sortie de son film "La Haine". Sur un même disque, différents groupes de rap interprètent des titres liés au thème du film soit la police et la banlieue. Le titre d'IAM s'intitule "La 25ème image".
Après les longues tournées de promotion du dernier album, le groupe décide de faire une pause et de prendre du recul. A cette occasion, en 95, le chanteur Chill, devenu Akhénaton, sort un album solo, "Métèque et mat", un album très personnel où l'humour est manié avec une verve toute méridionale et où le rappeur nous fait découvrir son univers.
1997 : "l'Ecole du Micro d'argent"

Deux ans après, sort "l'Ecole du Micro d'argent", nouvel album du groupe IAM, enregistré à New York puis réenregistré à Paris avec la collaboration de Prince Charles, célèbre producteur de Harlem. Le discours est épuré. L'injustice sociale et la dureté du monde sont dépeints à l'aide de mini-récits teintés d'une poésie sombre. Le titre de l'album vient aussi du fait que le groupe IAM entraîne dans son sillage la formation de nombreux groupes de la région marseillaise et qu'il tente de les aider à émerger.
En 1997, le groupe participe à un projet toujours très lié aux problèmes des banlieues françaises (police, racisme, violence, chômage). Avec d'autres groupes de rap français (Assassin, Ménélik, Ministère Amer, Fabe,...), ils enregistrent un titre au profit de l'association MIB (Mouvement de l'Immigration et des Banlieues), qui s'intitule "11 mn 30 contre les lois racistes".
Aux Francofolies de la Rochelle, en juillet 97, le groupe donne un concert entouré de nombreux autres groupes marseillais souvent inconnus mais à qui IAM souhaite faire profiter de sa renommée.
Alors que l'album s'est déjà vendu à 500.000 exemplaires, IAM joue à guichets fermés sur la scène parisienne du Zénith le 2 décembre 97. Suit une tournée française. Le 20 février 98, le groupe reçoit la Victoire de la Musique du meilleur album de l'année. Et dans la foulée, ils retrouvent le Zénith pour deux soirées les 21 et 22 avril 98.
Rap en Solo

Après le succès de l'album d'Akhénaton en 95, c'est au tour de Kheops de sortir sa production solo en mars 98 avec "Sad Hill" et de Shurik'n fin mai avec "Où je vis". Puis enfin, Imhotep sort le sien le 12 juin, "Blue Print". Mais c'est de loin, Shurik'n qui emporte le plus de succès et culmine en quelques semaines dans les meilleures ventes.
Toujours imprévisible, IAM sort en simple le titre inédit "Independenza" sur le thème de l'indépendance culturelle. Ce morceau est ajouté en 98, lors du nouveau pressage de l'album "l'Ecole du Micro d'argent". En février 99, deux membres du groupe, Akhenaton et Kheops reçoivent la Victoire de la Musique pour la meilleure Bande Originale de l'année avec le film "Taxi".
Puis, toujours en 99, nouvel album solo, cette fois pour Malek Sultan alias "Freeman". L'album, "L'Palais de justice", confirme l'incroyable potentiel de créativité de chacun des membres du groupe.
Un an plus tard, au printemps 2000, Akhenaton revient sur l'avant-scène musicale mais aussi cinématographique, en réalisant son premier film, "Comme un aimant", véritable prolongation cinématographique de son travail. Le film, qui traite de la vie des quartiers défavorisés de Marseille, sort le 31 mai et reçoit un accueil très mitigé. La bande originale est signée bien sûr Akhenaton mais aussi du compositeur de musiques de films, Bruno Coulais.
Toujours en solo, Kheops ressort un deuxième album à la même époque, "Sad Hill impact". A l'automne 2000, Akhenaton se lance dans l'électronique avec son album "Electro Cypher", hommage à l'électro funk. Puis, le 14 novembre, c'est Shurik'n et son frère Faf la Rage qui sortent "La Garde".
2003 : "Revoir un printemps"

Depuis le dernier opus d'IAM, ses membres ont sorti à eux tous, une dizaine d'albums solo. Forts de ces expériences personnelles, ils se sentent prêts à se retrouver pour l'enregistrement d'un disque du collectif. Conçu entre Marseille, Paris et New York, "Revoir un printemps" sort le 16 septembre 2003. Il est précédé du simple "Noble art" sur lequel on trouve les feeturings (de luxe) des rappeurs américains RedMan et MethodMan.
Les titres de "Revoir un printemps" ont été conçus dans une période comprise entre le 11 septembre 2001 (explosion des tours du Word Trade Center à New York) et la guerre en Irak (mars/avril 2003),avec dans l'intervalle,le 21 avril 2002 (deuxième tour des élections présidentielles en France). Très marqués par la conjoncture internationale et par les mutations de la société française, Akhenaton, Shurik'n, Kheops et Freeman qui cette fois-ci, sort de son rôle de breaker/danseur pour intégrer le groupe comme MC, proposent un disque dans son ensemble plutôt sombre. Bruno Coulais qui a déjà travaillé avec Akhenaton sur "Comme un aimant", vient apporter aux arrangements une touche particulière, avec l'introduction de cordes. On peut aussi compter la présence de Beyoncé de Destiny's Child sur le titre "Bienvenue". Très attendu, cet album relance l'histoire du plusconnu des groupes de rap français.
En février 2004, le groupe marseillais sort un DVD "Au coeur d'IAM : genèse d'un album". Le disque propose un documentaire d'1h30, sorte de caméra embarquée dans la conception et la réalisation du cinquième opus du posse. Le DVD a aussi pour objectif de faire patienter le public d'AKH, Shurik'n, Freeman & consorts avant une tournée exceptionnelle.
Le "Stratégie tour" est lancé au même moment que la sortie du simple "Stratégie d'un pion", début juin 2004. Cette tournée marque surtout le retour du groupe sur scène après sept années d'absence. Solidays, les Francofolies de La Rochelle, les Vieilles Charrues, le Canada, la Suisse, l'Allemagne, le rap Marseillais parcourt, flow aiguisé et micro au poing, les salles francophiles du monde entier.
2007 : "Saison 5"

L'aventure collective IAM reprend en ce début d'année 2007. Dans un premier temps, le groupe fait appel à DJ Kheops et Cut Killer pour réaliser un "Official mixtape". On y retrouve Faf la Rage (par ailleurs frère de Shurik'n), le groupe Psy 4 de la Rime ainsi que Chien de Paille, Bouga, etc. Une "mise en bouche" avant la sortie de l'album original le 2 avril, précédé en janvier de la sortie du simple "Une autre brique dans le mur".
"Saison 5" ainsi que se nomme ce nouvel opus, rassemble des morceaux aux textes finement ciselés, marque de fabrique imparable du crew marseillais, qui abordent des thèmes proches de leurs vécus et de leurs aspirations citoyennes. Le deuxième simple, "Ça vient de la rue", rend hommage aux cultures urbaines. Dans ce disque, IAM revient aux fondamentaux de sa musique. Enregistré plus rapidement que les précédents, "Saison 5" se veut aussi plus direct, un peu moins noyé dans une production de mastodonte.
Pour renouer vraiment avec le public, le groupe se produit en avant-première pour une dizaine de concerts dans des salles de moyenne capacité à travers la France (du 13 au 30 mars). Le 3 avril, IAM se retrouve à Paris sur la scène du Bataclan. Pour ce nouveau tour, il reprend d'ailleurs quelques uns des morceaux qui ont fait son succès dont le fameux "Mia".
*
Groupe symbole d'une Marseille multi-culturelle, les rappeurs phocéens mêlent dans leurs titres, particulièrement bien écrits, humour, amertume et critique sociale. Ils chantent pour réhabiliter leur cité et pour combattre le racisme.
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# Posté le mardi 06 janvier 2009 13:17

Modifié le dimanche 05 avril 2009 10:43

L'ecole du micro d'argent $)

Assis en tailleur voilà des heures que je médite
Sur ma montagne et je n'arrive pas à faire le vide
Je focalise sur le diaphragme, j'augmente mon énergie
Réveille la bête qui dans mon âme est tapie

Je viens de terminer ma préparation mentale
Ils vont goûter à l'incomparable style du Serval
Le souffle des 4 vents décuple ma puissance
De longs mois de travail ont éxacerbé mes sens

J'ai créé un déséquilibre interne volontairement
Afin que le côté Yang soit le dominant
Les pieds solidements ancrés dans la Terre
Je tire les dernières forces de la nature mère nourricière

Je mène les troupes au combat pour défaire
Les guerriers en contre-plaqué de l'école du micro en bois
Notre bannière flotte au dessus de Tsunami
Annonçant fièrement la charge du micro d'argent

En plein coeur de la bataille
Je sème la terreur quand je frappe d'estoc et de taille
Je sens l'esprit du félin m'envahir
A ce stade seule le sang me procure du plaisir

Mes griffes gravent les couloirs de l'Empire
Plus grand que celui d'Alexandre dont je suis le défenseur

Mon sabre scintille, je médite accrouppi sous les branches d'un saule
Pleure, je défends l'honneur de meon école, fils
Le troisième oeil scrute le terrain, la tactique
A pratiquer, pour balayer l'ennemi, statique

Physiquement, les déplacements furtifs
De l'essence de mon esprit élabore les bases de ma stratégie
Donc je me dresse dans les cliquetis, bardé d'armes
J'ai une armée entière sous le charme

Prête à mourir, à la gloire de mon étendard
J'ai rassemblé la clique des valeureux guerriers barbares
Dare-dare j'ai envoyé paître les lettres
Pourchassé les traîtres, selon l'enseignement de mes maîtres

Sans relâche, je crache des cendres
Et poursuivrai les massacres jusqu'à ce que le nom d'AKH soit légende
Car le soldat, guerrier alpha, est adroit
Et lance l'assaut là, sur lécole du micro en bois

La bataille a débuté, tiens ce coup vient
D'un expert à la guerre, vaillant praticien des arts martiens
Délégué pour mettre un terme à ces horreurs
Tel est mon labeur, tu sais de qui je défends l'honneur

L'école du micro d'argent
L'école du micro d'argent
L'école du micro d'argent
L'école du micro d'argent

L'école du micro d'argent
L'école du micro d'argent
L'école du micro d'argent
L'école du micro d'argent
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# Posté le mardi 06 janvier 2009 13:24

Demain c'est loin

L'encre coule, le sang se répand, la feuille buvard
Absorbe l'émotion, sac d'images dans ma mémoire.
Je parle de ce que mes proches vivent et de ce que je vois
Des mecs coulés par le désespoir qui partent à la dérive,

Des mecs qui pour 20 000 de shit se déchirent.
Je parle du quotidien, écoute bien mes phrases font pas rire,
Rire, sourire, certains l'ont perdu.
Je pense à Momo qui m'a dit à plus, jamais je ne l'ai revu.

Tenter le diable pour sortir de la galère, t'as gagné frère,
Mais c'est toujours la misère pour ceux qui poussent derrière.
Pousse pousser au milieu d'un champ de béton,
Grandir dans un parking et voir les grands faire rentrer les ronds.

La pauvreté, ça fait gamberger en deux temps trois mouvements.
On coupe, on compresse, on découpe, on emballe, on vend.
A tour de bras, on fait rentrer l'argent du crack.
Ouais, c'est la vie, et parle pas de RMI ici.

Ici, le rêve des jeunes c'est Golf GTI, survete Tachini,
Tomber les femmes à l'aise comme many.
Sur Scarface, je suis comme tout le monde, je délire bien
Dieu merci, j'ai grandi, je suis plus malin, lui il crève à la fin.

La fin, la faim, la faim justifie les moyens; 4, 5 coups malsains.
On tient jusqu'à demain, après on verra bien.
On marche dans l'ombre du malin du soir au matin,
Tapis dans un coin, couteau à la main, bandit de grand chemin.

Chemin, chemin, y'en a pas deux pour être un dieu.
Frapper comme une enclume, pas tomber les yeux, l'envieux en veut
Une route pour y entrer, deux pour s'en sortir, 3/4 cuir
Réussir, s'évanouir, devenir un souvenir.

Souvenir, être si jeune, avoir plein le répertoire
Des gars rayés de la carte qu'on efface comme un tableau tchpaou! c'est le noir.
Croire en qui, en quoi, les mecs sont tous des miroirs,
Vont dans le même sens, veulent s'en mettre plein les tiroirs.

Tiroir, on y passe notre vie, on y finit avant de connaître l'enfer
Sur Terre, on construit son Paradis.
Fiction, désillusion trop forte, sors le chichon
La réalité tape trop dur, besoin d'évasion.

Évasion, évasion, effort d'imagination, ici tout est gris,
Les murs, les esprits, les rats, la nuit.
On veut s'échapper de la prison, une aiguille passe, on passe à l'action,
Fausse diversion, un jour tu pètes les plombs.

Les plombs, certains chanceux en ont dans la cervelle.
D'autres se les envoient pour une poignée de biftons, guerre fraternelle.
Les armes poussent comme la mauvaise herbe.
L'image du gangster se propage comme la gangrène sème ses graines.

Graines, graines, graines de délinquant, qu'espériez-vous? Tout jeunes
On leur apprend que rien ne fait un homme à part les francs
Du franc tireur discret, au groupe organisé la racine devient champs,
Trop grand, impossible à arrêter.

Arrêté, poisseux au départ, chanceux à la sortie,
On prend trois mois, le bruit court, la réputation grandit.
Les barreaux font plus peur, c'est la routine, vulgaire épine,
Fine esquisse à l'encre de Chine, figurine qui parfois s'anime.

S'anime, animé d'une furieuse envie de monnaie,
Le noir complet, qu'importe le temps qu'il fait, on jette les dés, faut flamber,
Perdre et gagner, rentrer avec quelques papiers.
En plus, ça aidera, personne demandera d'où ils sont tombés.

Tomber ou pas, pour tout, pour rien on prend le risque, pas grave cousin.
De toute façon dans les deux cas, on s'en sort bien.
Vivre comme un chien ou un Prince, y'a pas photo.
On fait un choix, fait griller le gigot, briller les joyaux.

Joyaux, un rêve, plein les poches mais la cible est loin, la flèche
Ricoche, le diable rajoute encore trop moche les mecs cochent
Leur propre case, décoche pour du cash, j'entends les cloches,
Les coups de pioche, creuser un trou c'est trop fastoche.

Fastoche, facile, le blouson du bourgeois docile des mêmes la hantise
Et porcelaine dans le pare-brise.
Tchac! le rasoir sur le sac à main, par ici les talbins.
Ça c'est toute la journée, lendemain après lendemain.

Lendemain? C'est pas le problème, on vit au jour le jour.
On n'a pas le temps ou on perd de l'argent, les autres le prennent.
Demain, c'est loin, on n'est pas pressés, au fur et à mesure.
On avance en surveillant nos fesses pour parler au futur.

Futur, le futur changera pas grand-chose.
Les générations prochaines seront pires que nous, leur vie sera plus morose.
Notre avenir, c'est la minute d'après le but, anticiper,
Prévenir avant de se faire clouer.

Clouer, cloué sur un banc, rien d'autre à faire, on boit de la bière.
On siffle les gazières qui n'ont pas de frère.
Les murs nous tiennent comme du papier tue-mouches.
On est là, jamais on s'en sortira, Satan nous tient avec sa fourche.

Fourche, enfourcher les risques seconde après seconde.
Chaque occasion est une pierre de plus ajoutée à nos frondes.
Contre leur lasers, certains désespèrent, beaucoup touchent terre.
Les obstinés refusent le combat suicidaire...

Cidaire, sidérés, les dieux regardent l'humain se dirige vers le mauvais
Côté de l'éternité d'un pas ferme et décidé,
Préféreront rôder en bas en haut, on va s'emmerder.
Y'a qu'ici que les anges vendent la fumée.

Fumée, encore une bouffée, le voile est tombé.
La tête sur l'oreiller, la merde un instant estompée
Par la fenêtre, un cri fait son entrée, un homme se fait braquer.
Un enfant se fait serrer, pour une Cartier menotté...

Menotté, pieds et poings liés par la fatalité,
Prisonnier du donjon, le destin est le geôlier.
Le teurf, l'arène on a grandit avec les jeux.
Gladiateur courageux, mais la vie est coriace, on lutte comme on peut.

Dans les constructions élevées,
Incompréhension, bandes de gosses soi-disant mal élevés,
Frictions, excitations, patrouille de civils,
Trouille inutile, légende et mythes débiles.

Haschisch au kilo, poètes armés de stylo,
Réserves de créativité, hangars, silos,
Ça file au bloc 20, pack de Heineken dans les mains,
Oublier en tirant sur un gros joint.

Princesses d'Afrique, fille mère, plastique
Plein de colle, raclo à la masse lunatique,
Économie parallèle, équipe dure comme un roc,
Petits Don qui contrôlent grave leur spots.

On pète la Veuve Cliquot, parqués comme à Mexico,
Horizons cimentés, pickpockets, toxicos,
Personne honnêtes ignorées, superflics, Zorros,
Politiciens et journalistes en visite au zoo.

Musulmans respectueux, pères de famille humbles,
Bafflent qui blastent la musique de la jungle.
Entrées dévastées, carcasses de tires éclatées;
Nuée de gosses qui viennent gratter.

Lumières oranges qui s'allument, cheminées qui fument,
Parties de foot improvisées sur le bitume,
Golf, VR6, pneus qui crissent,
Silence brisé par les sirènes de la police.

Polos façonnable, survêtements minables,
Mères au traits de caractère admirables,
Chichon bidon, histoires de prison,
Stupides divisions, amas de tisons.

Clichés d'Orient, cuisine au piment,
Jolis noms d'arbres pour des bâtiments dans la forêt de ciment,
Désert du midi, soleil écrasant,
Vie la nuit, pendant le mois de Ramadan.

Pas de distraction, se créer un peu d'action.
Jeu de dés, de contrée, paris d'argent, méchante attraction,
Rires ininterrompus, arrestations impromptues,
Maires d'arrondissement corrompus.

Marcher sur les seringues usagées, rêver de voyager.
Autoradios en affaires, lot de chaînes arrachées,
Bougre sans retour, psychopathe sans pitié,
Meilleurs liens d'amitié qu'un type puisse trouver.

Génies du sport faisant leurs classes sur les terrains vagues,
Nouvelles blagues, terribles techniques de drague,
Individualités qui craquent parce que stressés,
Personne ne bouge, personne ne sera blessé.

Vapeur d'éther, d'eau écarlate, d'alcool,
Fourgon de la Brink's maté comme le pactole,
C'est pas drôle, le chien mord enfermé dans la cage,
Bave de rage, les barreaux grimpent au deuxième étage.

Dealer du haschisch, c'est sage si tu veux sortir la femme.
Si tu plonges, la ferme, y'a pas drame.
Mais l'école est pas loin, les ennuis non plus.
Ça commence par des tapes au cul, ça finit par des gardes à vue.

Regarde la rue, ce qui change? Y'a que les saisons.
Tu baves du béton, crache du béton, chie du béton.
Te bats pour du laiton, mais est-ce que ça rapporte?
Regrette pas les biftons quand la bac frappe à la porte.

Trois couleurs sur les affiches nous traitent comme des bordilles.
C'est pas Manille OK, mais les cigarettes se torpillent.
Coupable innocent, ça parle cash, de pour cent,
Oeil pour oeil, bouche pour dent, c'est stressant.

Très tôt, c'est déjà la famille dehors, la bande à Kader,
Va niquer ta mère, la merde au cul, ils parlent déjà de travers.
Pas facile de parler d'amour, travail à l'usine.
Les belles gazelles se brisent l'échine dans les cuisines.

Les élus ressassent rénovation ça rassure,
Mais c'est toujours la même merde, derrière la dernière couche
De peinture, feu les rêves gisent enterrés dans la cour.
A douze ans conduire, mourir, finir comme Tupac Shakur.

Mater les photos, majeur aujourd'hui, poto,
Pas mal d'amis se sont déjà tués en moto.
Une fois tu gagnes, mille fois tu perds, le futur c'est un loto.
Pour ce, je dédie mes textes en qualité d'ex-voto.

Mec, ici, t'es jugé à la réputation forte.
Manque toi et tous les jours les bougres pissent sur ta porte.
C'est le tarif minimum et gaffe:
Ceux qui pèsent transforment le secteur en oppidum.

Gelé, l'ambiance s'électrise, y'a plein de places assises,
Béton figé fait office de froide banquise.
Les gosses veulent sortir, les "non" tombent comme des massues,
Les artistes de mon cul pompent les subventions dsu.

Tant d'énergie perdue pour des préjugés indus,
Les décideurs financiers plein de merde dans la vue,
En attendant, les espoirs foirent, capotent, certains rappent.
Les pierres partent, les caisses volées dérapent.

C'est le bordel au lycée, dans les couloirs on ouvre les extincteurs.
Le quartier devient le terrain de chasse des inspecteurs
Le dos à un oeil car les eaux sont truffées d'écueils.
Recueille le blé, on joue aux dés dans un sombre cercueil.

C'est trop, les potos chient sur le profil Roméo,
Un tchoc de popo, faire les fils et un bon rodéo.
La vie est dure, si on veut un rêve,
Ils mettent du pneu dans le shit et te vendent ça Ramsellef.

Tu me diras "Ça va, c'est pas trop",
Mais pour du tcherno, un hamidou quand on n'a rien, c'est chaud.
Je sais de quoi je parle, moi, le bâtard,
J'ai dû fêter mes vingt ans avec trois bouteilles de Valstar.

Le spot bout ce soir qui est le King
D'entrée, les murs sont réservés comme des places de parking,
Mais qui peut comprendre la mène pleine
Qu'un type à bout frappe sec poussé par la haine.

Et qu'on ne naît pas programmé pour faire un foin,
Je pense pas à demain parce que demain, c'est loin.

# Posté le mardi 06 janvier 2009 13:27

Un cri cour dans la nuit

Il est assis au fond du métro, où personne regarde

Silence pesant, trois mecs montent, visages menacants

"Allez, tombe la veste, on est accroc d'elle"

Mais lui supplie, commence à pleurer, son père lui a offert à Noël



Elle change de main, il a beau dire que ses parents n'ont pas un sou

Au fond, tout le monde s'en fout

Les trois types, les gens autour, gratuitement, la lame est soudaine

L'Opinel pénètre, 10 centimètres dans l'abdomen



Ca fait déjà un an, il aurait 16 ans

Son père ne s'en est jamais vraiment remis

Lorsqu'il entre dans sa chambre, rien n'a changé, les jouets

Les livres, cependant les murs sont tristes, pourquoi vivre



Si tuer c'est facile? On veut tourner le couteau

Quand tout s'écroule d'un coup au fond d'un métro; il gît là

Les flics enquetent, bouffent des sandwiches, meme sourient

Racontent leur vie, ils parlent meme pas de lui



Il a du mal à s'imaginer, jadis son enfant innocent

En une seconde, pour 400 francs, mourrant dans une flaque de sang

Une flaque de pleurs, une vague de peur, la bague du bonheur

Fruit de l'amour, fauché par le tranchant d'une dague de malheur



C'était pas l'heure de partir, il ne lui avait pas tout dit

Tant pis, ce sera au Paradis

Et des remords la racine, s'élève un arbre

Et de l'arbre pousse des fleurs délicates qui viennent

caresser le marbre



Encore un tombe à fleurir

Un ange part dans un dernier soupir

Un fait divers dans une ruelle

Un cri court, personne n'entends l'appel



Encore un tombe à fleurir

Un ange part dans un dernier soupir

Un fait divers dans une ruelle

Un cri court, personne n'entends l'appel



Rue sombre, éclairée au néon, deux heures déjà

Qu'elle fait les cents pas et dans le sac toujours pas un rond

Trottoirs glauques, bars sales, bagarres d'ivrognes

Les talons frappent le goudron, au feu rouge un mec klaxonne



Elle en a marre de ces tarés qui passent, repassent, la condamnent

Blessent son âme et dix mètres plus loin se marrent

Ca marche pas bien aujourd'hui, les mecs n'ont pas envie

A cause de la pluie où la vie, le sexe perd face au souci



Un manteau, un parapluie, l'enfer en costume gris

Se rapproche, son regard fuit, elle dit son prix, c'est parti

S'ouvre la porte, couloir vers le purgatoire, pour elle l'histoire

Se répète tel un train fantome des foires de sa rue au

glissement des bars noirs



Miroir, dis-lui qui est la plus belle

Ne laisse pas croire seule le soir, que les fées se foutent d'elle

Belle au bois dormant pour un matelas sans ressort

Ancrée à son sort comme un bateau usé, jamais ne sort du port



Blanche-Neige a croqué le fruit amer sans amertume

Pour eux, elle n'est qu'un pute, pour son fils elle reste une mère

Une peau d'âne princesse le jour esclave la nuit

Mais les escarpins sont maudits, ils ramènent Cendrillon vers son taudis



Les murs témoins de l'étreinte plus brève que tendre

Capturent son regard reveur, seul remède contre la démence

Sorti par la fenetre un cri sans bruit hante les rues sans vie

Sorti par la fenetre un cri court dans la nuit



Encore un tombe à fleurir

Un ange part dans un dernier soupir

Un fait divers dans une ruelle

Un cri court, personne n'entends l'appel



Encore un tombe à fleurir

Un ange part dans un dernier soupir

Un fait divers dans une ruelle
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# Posté le mardi 06 janvier 2009 13:30

Independenzaaa

Mon histoire de France à moi commence par un génocide
Ces pensées maussades romancent une revanche impossible
On est tous fils de la Qibla qui blaguent au mic en habit bleu
Nous on maquille ces putains d' feuilles immaculées en nuits bleues
Ils brandissent la Bible et mettent Jésus acteur de l'intox
Ils nous ciblent avec la Rabla comme du Flytox
Moi j'revendique ma différence dans c'pays merdique, doucement
En douce man, t'inquiète on fait des sous sous l'manteau car tous mentent
Comment leur faire croire ? Qu'y a pas que des cancres là
Moi j'm'ancre là, mon encre là bave des cancrelats
Mon âme striée par les vicissitudes
Glace un coeur froid d'habitude
Noir de bitûme, la vie c'est l'vice à l'étude
Vu d'en haut y'a pas d' frontière c'est géant, dans l'néant
Les néons flashent, emmenés en galère, en bas c'est un fion béant
Dans chaque part le recueil de notre juste lutte ainsi Dieu
L'a voulu édifiant, et nous, méfiant, insidieux

Refrain :
Independenza
Que se remplit de sales principes, gise là
Grise la verdure persiste, vise et mise là
Independenza
Que de tous ces chiens crient viva Sentenza
Le maquis nous berce, nous on y perche des potenza
Independenza
Mike liberta, Mike une berta
La vie est mal faite et pour beaucoup elle finit barda
Independenza
Que se remplit de sales principes, gise là
Grise la verdure persiste, vise et mise là

Frit, l'indifférence trie les conséquences qui défient, méfie l'insouciance s'lie
Mars by night line out, mic branché j'débarque pas d'un boat
Sur beat on m'note
Sur orbite je les écrit mes notes
Pas un scoop, Indépendenza pour nos troupes au complet
Propageons l'plastique dans les foyers
Mieux qu'un amant exempté d'voir, d'aller dans l'allée où j'devais être
J'trouve mon chemin, j'tombe sur terre une comète Halée
Mes motifs sont bien meilleurs que mes méthodes
Ton tube cathodique allume le, voilà l'histoire rapologique
Fantasmagorique, ma prod mieux qu'une drogue
Euphorique, quand les tiens sur nos sons s'tordent
Vas y, qu'on braque les faisseaux sur nous
Chacun détient son réseau chez vous
Rô dans l'vice, les crocs s'vissent tôt
Le monde s'agresse, s'graisse, régresse, dresse ton bilan
C'qu'ils pondent ici c'est pour leur adresse

Refrain :
Independenza
Que de tous ces chiens crient viva Sentenza
Le maquis nous berce, nous on y perche des potenza
Independenza
Mike liberta, Mike une berta
La vie est mal faite et pour beaucoup elle finit barda
Independenza
Que se remplit de sales principes, gise là
Grise la verdure persiste, vise et mise là
Independenza
Que de tous ces chiens crient viva Sentenza
Le maquis nous berce, nous on y perche des potenza

Regarde ces lumières étranges, oranges, tu crois que c'est le pays qui change
Franchis le tunnel de l'Estaque et d'un coup tu n'es même plus en France
Pense qu'ici plus qu'ailleurs la différence est une valeur
L'indépendance dans toute son ampleur et rien à voir avec la chaleur
Mais çà bouge dans tous les sens, les gens bossent, créent, tentent leur chance, osent
A force de ne rien avoir tu fais de grandes choses avec des bouts de craies
Le ciel toujours sur mais pas assez dans la tête
Ca devient de plus en plus dur, il y a képi pour une casquette
Les coeurs battent en coeur, les stylos saignent à flots
Trop de jeunes s'ouvrent les vaines parce que trop de maux
Alors on pose des mots sur une démo, on le crie bien haut
La sale race n'est pas prête pour le tombeau, les braves tombent au combat
Vois les balcons pleins de drapeaux, on est dans de beaux draps
Rien, ça file la rage même quand les cages serrent comme des corsets lassés
Le cor sonne le jour annocé, et là çà va se corser
Trop pressurisé, la scission guette sur sillon là
IAM sévit dans le maquis au nom de l'Indépendenza

Refrain :
Independenza
Mike liberta, Mike une berta
La vie est mal faite et pour beaucoup elle finit barda
Independenza
Que se remplit de sales principes, gise là
Grise la verdure persiste, vise et mise là
Independenza
Que de tous ces chiens crient viva Sentenza
Le maquis nous berce, nous on y perche des potenza
Independenza
Mike liberta, Mike une berta
La vie est mal faite et pour beaucoup elle finit barda

# Posté le mardi 06 janvier 2009 13:36

Mots blesses

Si avant tout j'devais décrire ma vie, elle serait sucrée telle le miel d'Alep
Dieu m'a donné une épouse qu'j'aime
3 ptits anges doux à mon coeur, mes yeux, mes viscères
Après le flou d'ma jeunesse, j'compris à quoi ma vie sert
Mais les cicatrices sont bel et bien là, vestiges de tourmentes
A les entendre j'connus qu'l'amour brutal au sein des tournantes
Comme si l'existence n'était pas éprouvante
En bout d'course, il fallait en plus de cela qu'ils nous mentent
Les loups d'la bourse et les chiens d'la politique affichent l'épouvante
Comme une arme suprême c'est bien l'humanité entière qui perd de sa superbe
Le genou honnête plie sous l'poids dément de l'argent
Insulté 1000 fois, j'voudrais encore avoir confiance aveugle en m'sieur l'Agent
Mais il avance grimé et tourne
Ironie du sort, viscéralement j'ai toujours eu peur des clowns
j'ai vu vot'démocratie s'mesurer en dollars
Quelques millions et l'Ohio devenir l'Angola
Que dire d'vant les massacres, que j'suis un p'tit poète de zone suburbaine
Au lieu d'l'essentiel, ils désignent mes rimes comme étant le problème


Refrain :

Blessé, des mots viennent mourrir, pour toi des mots bléssés, bléssés, bléssés


Si ensuite j'devais décrire mon enfance, j'la peindrais en bleu
Même avec l'amour d'mes parents scindés en deux
Car face à l'épreuve, j'ai bâti Alamut, au bord d'mes lèvres
Comme Hassan Sabbah a répendu la terreur, au coeur du monde des lettres
Une arme d'vers assassins, live de la retraite forgée dans l'respect
Pas dans la haine qu'on m'prête
Car si c'n'est pas à la fin d'leur monde avili qu'on assiste
J'vois aussi des soits-disants frères dans les mosquées crier et donner dans l'prêche raciste
Alors qu'ils doivent sourire, ils lancent des regards noirs, et une mine triste
Comme si leur mère venait d'mourrir
Lassé d'les suivre, j'écoute "Hamzé la raison"
Je parle de paix et des barbares belliqueux veulent raser ma maison
Tous les soirs à 20h, horrifié d'vant l'écran
Ode à l'amnésie quand dans tes bras, chaque seconde de toi je m'éprends
Mes peurs s'volatilisent quand elles effleurent tes sourires
J'viens d'marcher dans cette vie, j'espère que Dieu me laissera courir
Sinon tant pis, c'est lourd à porter, j'ferai mon chemin
Quoi qui s'passe, tempête, cyclone, orage ou temps serein

Refrain

Si pour finir j'devais choisir ma mort, ce serait en sommeil
Fauche en plein rêve avant de revoir le soleil
Si seulement elle pouvait arriver tard j'finirais mes livres
Buvant sur tes lèvres, tellement d'nuits, que j'en serais ivre
Traité décisif, c'que j'voudrais, chaque rime subit la gravité, et j'pousse mes vers
Comme c'fou de Sisyphe, mon carnet jauni par la lumières des étoiles sous les toits
P'tèt on se rappellera, que j'noircissais ces parchemins sous mes doigts
Que j'promenais au pays, sous les ficus émeraude
Que j'combattais tous les tyrans, qui marchaient sur les traces d'Hérode
Tu sais la paix s'respecte, sa défense s'résume pas à quelques caches d'armes
qu'on inspecte si certains placent leur avenir sous la toge de bliss
La justice tire aucune gloire de l'assassinat vif de ses fils
on peut s'mentir, abrité derrière 1000 artifices
La vie est une mère, elle gardera le sens du sacrifice
Rien n'est plus noble qu'une cause juste, oppressée
Acculée au mur, dernière défense, c'est mes mots bléssés

# Posté le mardi 06 janvier 2009 13:39

Modifié le mercredi 07 janvier 2009 06:06